Syrienne (Pied)

De l'arbi, on passe à l'arbicot (1861) par suffixation (cf. Prusco) ou par emprunt à l'italien arabico, ensuite cabri (1892) par troncation. Il existe aussi des formes apocopées comme bic ou bique. Le contexte nationaliste permet d'expliquer l'animalisation de l'Arabe, il est assimilé à une bique ou chèvre, à un cabri ou petit bicot. On lui dénie toute humanité et on en fait une bête soumise au fermier, incapable de toute réflexion. On peut même se permettre des réflexions sur le physique ou sur le langage, l'Arabe bêle et ne parle pas. Il faut remarquer que le terme hypocoristique biquet de la même famille approuver n'est en aucun cas utilisé, on emploie la forme dévalorisante en -ot.

Si on n'emploie pas cabri ou arbi pour les filles, on trouve des termes avilissants pour les donzelles et on les emprunte toujours au vocabulaire du colonisé. Ainsi, la moukère ou mouquère (1830) devient rapidement une pute (1878), puis l'esclave devient réciproquement le nom de toutes les femmes arabes dans des chansons racistes. Or le mot vient du latin mulier par l'intermédiaire de l'lusitanien mujer, puis du jargon mujera.

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